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La rencontre, le lundi 22 janvier 2018, au château de Versailles, du Président français avec quelques patrons de multinationales, destinée à promouvoir l'image économique de la France, montre une fois de plus que les territoires de notre planète se divisent en trois échelles : continentale, régionale et locale.

 

L'Union Européenne correspond à la première échelle, dimension en faveur de laquelle milite Emmanuel Macron, ce dernier faisant preuve de réalisme. L’U.E. ayant été créée dans le sillage de la seconde guerre mondiale, et ce conflit ayant été gagné par les Etats Unis d'Amérique[1], a progressivement choisi l'anglais comme langue officielle, afin d'être en correspondance avec ses « leaders » américains tant sur le plan technologique que financier. 

 

La question se pose pour la définition de l'échelle régionale : le développement d’une usine d’automobiles par un industriel japonais va-t-il impacter positivement un territoire de la taille d'un Etat comme la France ou bien celui d'une région comme celle des Hauts-de-France? L'action concerne-t-elle tout le pays ou plus spécialement le tissus (péri)urbain compris entre Lille, Valenciennes et Liévin ? L'enjeu concerne-t-il une structure étatique – la république Française - endettée à plusieurs fois ses revenus annuels, si l'on prend en compte les engagements gouvernementaux[2] comme la retraite des fonctionnaires, et dont la langue de facto est l'anglais? Ou bien n'est-ce pas plutôt une région qui est en jeu, avec peut-être l’opportunité de participer au redressement de ses comptes publics[3]?

 

Enfin, le développement industriel du constructeur nippon à Valenciennes ne va-t-il pas créer des emplois locaux privés indirects (boulangeries, magasins de vêtements, etc) nécessaires à la vie de tout quartier et à l’équilibre des comptes publics régionaux ? Ne va-t-il pas participer au développement de la culture locale ?

 

On se retrouve dans le triptyque d'une structure continentale d'influence anglophone, avec la délégation des opérations, à l'échelle régionale et locale, dans la langue de ladite région. Tout cela est très classique : depuis l'Antiquité, le vainqueur a toujours imposé sa langue sur ses vaincus, l'Empire français de Napoléon Ier ou de Jules Ferry étant deux exemples parmi d'autres. Mais l'économiste Jean-Marc Daniel, n'a pu s'empêcher, hier matin, sur BFM, de préciser que « nous [assistions] à l’assassinat de notre langue »[4]. En effet, selon un des projets de Macron, la langue française ne serait plus obligatoire, même à l’échelle régionale : la justice pourrait également être donnée en anglais, supprimant ainsi la plus ancienne lois française, l’Ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en 1539, et portant notamment sur l’exclusivité de la langue française pour tous les actes administratifs du royaume.

 

Nous-mêmes, Contrib’City, torturé entre le souci d’avoir un nom lisible par le plus grand nombre et le souhait de montrer notre passion pour les cultures locales, avons dû transiger : d’un côté la contraction du mot « Contribuer » et de l’autre l’anglicisation du mot « Cité », lui-même issu du latin « Civitas », langue officielle de l’Empire Romain. Contrib’City, au-delà des oppositions, se veut être un outil au service de tous les territoires locaux et de leurs habitants, dans leurs composantes culturelles et économiques. Sachons utiliser les éléments géopolitiques actuels pour mieux se parler et partager nos richesses locales, tout en développant ce qui fait chacun de nos quartiers ou de nos villages un lieu unique. 

 

Bertrand de Foucauld

 

 

Photo : Le Président Emmanuel Macron rencontre le PDG de Google, Sundar Pichai,durant le sommet "Choose France" au Château de Versailles, le 22 janvier 2018.  AFP.

 

[1] Qui avait déjà gagné financièrement parlant la première, la moitié du stock d’or mondial se trouvant aux USA en 1918.

[2] Rapport Pébereau

[3] A titre de rappel, les collectivités territoriales ne peuvent s’endetter que sur des lignes de budget d’investissement, et pas sur des lignes de fonctionnement.

[4] DANIEL Jean-Marc, « Nicolas Doze VS Jean-Marc Daniel: Focus sur le sommet sur l'attractivité de la France », consulté le 22 janvier 2018. [Disponible sur :] http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/nicolas-doze-vs-jean-marc-daniel-focus-sur-le-sommet-sur-l-attractivite-de-la-france-2201-1026249.html

 


Location : Date : 2018-07-15 09:07:16